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A l’occasion du 5ème anniversaire des Objectifs de développement durable (ODD), nous partageons des initiatives d’OSC qui contribuent de manière efficace et innovante à la réalisation de ces objectifs. Cette semaine, l’ODD 3 : Permettre à tous de vivre en bonne santé.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus d’un milliard de personnes dans le monde vivent avec un handicap. 15% des personnes les plus pauvres souffrent d’incapacité. Or les personnes handicapées sont notamment plus exposées aux risques de violence, aux abus de tous types, à la pauvreté et à l’exclusion ; elles sont aussi plus susceptibles d'être en mauvaise santé que les personnes non handicapées. Discrimination, manque d’information, des professionnel·le·s de la santé pas assez formé·e·s à une prise en charge adaptée, difficultés d’accès ou encore un manque de moyens financiers… voilà des exemples de barrière à l’accès aux soins de santé auxquelles ces personnes se voient souvent confrontées.

Certains ODD font explicitement référence aux personnes handicapées, notamment l’ODD 1 - éradication de la pauvreté, l’ODD 4 - accès à une éducation de qualité ou l’ODD 8 - accès à des emplois décents. Cependant, l’accès non discriminant à des traitements de qualité reste un préalable pour qu’une personne handicapée puisse exercer pleinement ses droits à une éducation ou à un emploi.

Ces ODD guident la stratégie de Handicap International Belgique en République Démocratique du Congo, une stratégie qui s’articule autour de trois axes : prévention, soins et réinsertion. Au cœur de la mission de l’organisation, sensibiliser sur le handicap, identifier les personnes touchées, les soigner et leur donner une place à part entière dans la société.

Au cœur de la mission de l’organisation, sensibiliser sur le handicap, identifier les personnes touchées, les soigner et leur donner une place à part entière dans la société.

A Kinshasa, des équipes mobiles composées de personnel local de Handicap International se déplacent plusieurs fois par semaine dans le quartier de Selembao, l’un des quartiers les plus défavorisés de la métropole congolaise. Ils y assurent le suivi des traitements des personnes souffrant d’incapacité. Mais un autre aspect important du travail de ces agents communautaires est l’identification de nouveaux cas potentiels. « Il s’agit pour beaucoup d’enfants qui vivent isolés, cachés par leur famille pour laquelle leur handicap est une honte. Dans le seul quartier de Selembao, nos équipes peuvent trouver jusqu’à 15 nouveaux cas par jour ! », explique Antoine Sépulchre, responsable communication de l’organisation. Dans la seule ville de Kinshasa, on estime que 300.000 enfants vivent avec un handicap. A travers la participation à des comités de quartier, le bouche à oreille, et en gagnant la confiance des habitant·e·s, les équipes mobiles incitent les familles à parler d’un handicap qui se cacherait peut-être en leur sein. « La sensibilisation est un aspect important de notre travail à Kinshasa. Il s’agit d’améliorer l’image de la personne en incapacité » continue Antoine Sépulchre. « Cela se traduit aussi par des actions de sensibilisation à la sécurité routière, par exemple, mais également par un plaidoyer constant auprès du gouvernement congolais pour améliorer les infrastructures de soins et la place de la personne handicapée dans la société ».

Implanté au cœur du quartier de Selembao, l’hôpital de Makala est un bon exemple des résultats de ce plaidoyer. Jusqu’en 2019, cet hôpital ne proposait aucun service de réadaptation pour les personnes en incapacité. Dans ce pays touché par la violence, la précarité et les maladies, et alors que le Covid-19 menace un système de santé déjà fragile, il ne s’agissait simplement pas d’une priorité de politique nationale. Aujourd’hui, le soutien de Handicap International a permis de créer et d’équiper un service de kinésithérapie flambant neuf. Leurs équipes, entièrement composées de personnel local, y soignent, forment des professionnel·le·s de la réadaptation, mettent en place des ateliers orthopédiques… Le service accueille aujourd’hui plusieurs dizaines de patient·e·s chaque jour.

A quelques kilomètres de là, à l’hôpital Bemba (voir photo ci-dessus), le travail de Handicap International se concentre sur la formation du personnel hospitalier à la prévention et la détection de handicap à la naissance. Ces activités ont permis de passer de 5 décès maternels par mois à 1 décès maternel par mois en moyenne. En même temps, elles permettent la prise en charge des patient·e·s dès le plus jeune âge. Pour Antoine Sépulchre, « au plus tôt on identifie le handicap, au plus tôt on peut intervenir, et cela augmente considérablement les chances des enfants de se développer et de vivre une vie normale ».

Au plus tôt on identifie le handicap, au plus tôt on peut intervenir, et cela augmente considérablement les chances des enfants de se développer et de vivre une vie normale.

Une vie normale qui passe, pour les enfants, par la scolarisation. Avec le soutien de Handicap International, plusieurs écoles de Kinshasa ont été adaptées afin de rendre possible l’accueil d’enfants handicapés, avec des résultats encourageants. Ces écoles deviennent à leur tour des lieux de sensibilisation : « des élèves viennent trouver les membres du personnel pour leur parler de leur sœur ou de leur frère en situation de handicap et nous demande de les aider ».

En améliorant l’accès aux soins des personnes en incapacité, en particulier les enfants, Handicap International contribue à améliorer leurs conditions de vie, mais aussi à changer les mentalités et l’image de la personne handicapée en République Démocratique du Congo.

Plus d’infos : https://www.handicapinternational.be/fr/pays/republique-democratique-du-congo

 

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Le Portail Qualité d'ACODEV fait peau neuve

  1. Créé par Raquel REYES I ...
  2. Le 09/10/2020
  3. Dans ACODEV
Découvrez le nouveau Portail Qualité d’ACODEV, le répertoire belge des ressources et d’expert·e·s en matière de gestion de projets et de qualité des organisations de la société civile actives dans le développement et l’aide humanitaire.

Lancé en 2015, le Portail Qualité d’ACODEV (https://portailqualite.acodev.be) se renouvelle et propose désormais un nouveau design plus interactif et intuitif, une nouvelle approche et de nouvelles fonctionnalités qui permettent de répondre aux besoins des organisations de la société civile (OSC) et de créer des liens avec des d’expert·e·s de la coopération à travers la publication d’appels d’offres.

Que pouvez-vous trouver dans le Portail Qualité ?

Actuellement, le Portail Qualité propose plus de 360 ressources utiles sur la qualité et la gestion organisationnelle des OSC. Bonnes pratiques, guides sur la gestion de projet, le genre, l'évaluation, l'éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire... Vous y trouverez une grande variété de publications organisées par thème, type et langue.

Le site offre la possibilité aux expert·e·s en gestion organisationnelle des OSC de créer un profil qui sera visible par les organisations membres d'ACODEV. En tant qu'expert·e, vous pouvez également partager des ressources, et consulter des appels d’offres des OSC sur différentes thématiques. Cette nouvelle fonctionnalité permet de concentrer la demande du secteur en termes de consultances en formation, évaluation, facilitation de processus, entre autres sujets.

Le Portail Qualité compte aussi avec un espace réservé aux membres d'ACODEV, qui leur donne accès à une base de données de 130 expert·e·s aux compétences variées et qui répondent aux besoins du secteur. Nos membres ont également la possibilité de publier des appels d'offres concernant la gestion de leur organisation. Plus d'informations sur les fonctionnalités réservées aux membres sur cette page.

Comment le site est-il alimenté ?

Le Portail Qualité est alimenté directement par la fédération, les OSC et les expert·e·s afin de devenir une réelle plateforme d’échanges de bonnes pratiques, d’outils et de contacts clés en matière de gestion organisationnelle et de qualité. Les administrateurs du site veillent à ce que les informations répondent à des standards de qualité.

Si vous êtes un·e chercheur·euse, un centre de recherche ou une institution et vous souhaitez publier une ressource dans le Portail Qualité, ou pour toute information supplémentaire, n’hésitez pas à contacter Raquel Reyes i Raventós, responsable du Portail Qualité : rr@acodev.be.

Bonne découverte !



A l’occasion du 5ème anniversaire des Objectifs de développement durable (ODD), nous partageons des initiatives d’OSC qui contribuent de manière efficace et innovante à la réalisation de ces objectifs. Cette semaine, l’ODD 2 : Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable.

Selon le dernier rapport de l’agence des Nations-Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) sur « L’Etat de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde »[1], paru cette année, la faim et la malnutrition sont en augmentation depuis cinq ans, alors que la tendance était à la baisse depuis le début des années 2000. Lors de l’adoption des Objectifs de Développement Durables (ODD) en 2015, les gouvernements du monde entier s’étaient engagés à éradiquer la faim pour 2030. Aujourd’hui 690 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde et 2 milliards souffrent de malnutrition. La pandémie de Covid-19 pourrait également, selon certaines estimations, accroître le nombre d’individus souffrant de la faim jusqu’à 132 millions.  

Ce deuxième ODD ne prévoit pas seulement l’éradication de la faim mais aussi celle de l’insécurité alimentaire. Cette dernière se caractérise de plus en plus par de la dénutrition, des carences en micronutriments, du surpoids et de l’obésité. Les raisons sont multiples, la principale étant le manque d’accès à une alimentation suffisamment diversifiée et de qualité. Ceci est dû à la spécialisation des cultures agricoles des économies nationales, aux diverses pollutions, à l’agro-industrie amenuisant la qualité des aliments produits et à l’effondrement de la biodiversité. Enfin l’augmentation des inégalités socio-économiques, la perte des savoirs et pratiques agricoles anciennes, l’exode rural et l’absence de soutien des pouvoirs publics sont également des facteurs de dérèglement du système alimentaire.

L’augmentation des inégalités socio-économiques, la perte des savoirs et pratiques agricoles anciennes, l’exode rural et l’absence de soutien des pouvoirs publics sont des facteurs de dérèglement du système alimentaire.

Prenons l’exemple du Pérou. Ce pays, depuis peu considéré comme ayant une économie émergente, fait en réalité face à une augmentation du nombre de personnes qui ont des difficultés à s’alimenter quotidiennement. Aujourd’hui, près de 7% de la population est sous-alimentée. Un taux qui avait pourtant été divisé par deux en vingt ans. Les phénomènes de malnutrition sont également préoccupants avec entre autres 19% de la population qui présentent des problèmes d’obésité et 12% des enfants de moins de trois ans qui souffrent d’anémie.

Afin d’enrayer cette dynamique et de mettre fin à l’insécurité alimentaire, trois Organisations de la société civile (OSC), SOS Faim, Iles de Paix et Autre Terre, qui travaillent au Pérou depuis plusieurs années, ont décidé en 2017 de joindre leurs efforts, expertises et ressources. Ces trois OSC sont actives dans trois zones particulièrement affectées, les régions de Huanuco, de Cusco et de Ayacucho. Elles travaillent avec des partenaires locaux (des coopératives, des organisations de producteurs·trices ou des ONG locales) tels que Diaconia, Arariwa et Frutos del Ande.  Ensemble, ils organisent des actions et des formations sur les quatre piliers de la sécurité alimentaire afin d’améliorer les filières productives (depuis les cultures jusqu’à la vente en passant par la collecte, le stockage et la transformation) et les revenus des familles paysannes (pour un meilleur accès à l’alimentation), de stabiliser les approvisionnements et de diversifier la consommation alimentaire. 

C’est ainsi que dans la région de Huánuco, l'OSC Belge Iles de Paix et les ONG Péruviennes DIACONIA et IDMA soutiennent les familles de producteurs·trices de la commune d'Umari dans un processus de transition agroécologique. Ce processus a amené ces familles à abandonner la monoculture de la pomme de terre pour diversifier leur production de céréales et de légumes. La fertilité des sols est désormais gérée sur base de fertilisants naturels (composts, bios, micro-organismes) et la lutte contre les attaques des plantes s'opère avec des bio-pesticides (préparations naturelles à base de plantes telles que le piment et le tabac). Grâce à la diversification de leur production et la diminution de leur dépendance aux intrants chimiques, les familles soutenues par le programme sont aujourd'hui beaucoup plus résilientes. On constate une amélioration notable de l'alimentation et de la santé des enfants. Par ailleurs, la communauté s'est organisée autour de la coopérative AGRECU qui au travers d'un accord avec la commune livre ses produits aux cantines scolaires d'Umari et commercialise une partie de la production sur le marché de la ville de Huánuco. Cela génère pour l'ensemble des membres des revenus complémentaires ce qui renforce d'avantage leur sécurité alimentaire.

Plus d’infos : https://www.ilesdepaix.org/les-projets/zone-daction/perou/

Grâce à la diversification de leur production et la diminution de leur dépendance aux intrants chimiques, les familles soutenues par le programme sont aujourd'hui beaucoup plus résilientes.

Dans la région de Cusco, l’OSC Belge SOS Faim soutient l’ONG Péruvienne ARARIWA dans la création d’une instance interinstitutionnelle, regroupant les gouvernements locaux, les organisations de producteurs·trices et d’autres organisations de la société civile et les coopératives de producteurs·trices afin de planifier et prioriser les actions à mener en matière de sécurité alimentaire et développement rural, et mettre en place des politiques publiques locales favorables. Des initiatives avec une approche agroécologique se sont ainsi développées telles que des potagers biologiques, de l’élevage de petits animaux, des systèmes de collecte d’eau, etc. bénéficiant particulièrement aux femmes. Des dynamiques commerciales comme les marchés communautaires, marchés mobiles, ventes sur commande ou encore la réactivation de pratiques ancestrales comme le troc facilitent également l’accès à ces produits par les populations locales tout en permettant aux familles de producteurs d’améliorer leurs revenus. Ces actions bénéficient aujourd’hui à environ 1200 familles. Parallèlement, ARARIWA dispose d’une radio communautaire qui diffuse des messages pour informer et sensibiliser les populations locales sur la situation sanitaire, la préparation de la prochaine campagne agricole ou encore sur le fonds national de relance de l’agriculture familiale récemment promulgué par l’Etat en réponse à la crise du COVID.

Plus d’infos : https://www.sosfaim.be/country/perou/

Du côté d’Ayacucho, région montagneuse aux terrains fort pauvres, les eaux sont régulièrement polluées et les cultures perturbées par les changements climatiques. Cela crée une irrégularité de production et un stress alimentaire. L’OSC Belge Autre Terre et la coopérative locale Frutos del Ande travaillent avec 465 familles paysannes afin d’augmenter les productions de manière écologique ainsi que les accompagner dans la transformation et la vente de leurs produits. Un système participatif de garantie a également été créé pour certifier collectivement les cultures avec un label bio. Aujourd’hui la coopérative compte plusieurs filières de productions au sein desquelles elle représente et accompagne les petits producteurs·trices.

Plus d’infos : https://www.autreterre.org/projet/cultures-de-rentes-selon-principes-agroecologiques/

Sonia (photo ci-dessus avec sa fille), présidente du comité de producteurs·trices de la communauté de Pamparque (membre de la coopérative Frutos del Ande) , témoigne des effets positifs de cette coopération :

« Je vois beaucoup d’amélioration ici dans notre village tant pour nous que pour nos enfants. Cela nous permet de répondre aux besoins de la maison. On peut acheter de nouveaux vêtements et des livres pour nos enfants. On est aussi en train de s’ouvrir à l’élevage. J’ai monté des clapiers pour pouvoir y faire de l’élevage de petits animaux. Nous en vendons et nous pouvons également en consommer.

Les enfants, maintenant, sont de plus en plus éduqués. Avant, après l’école, ils arrêtaient d’étudier. Mais maintenant, on est en train de réfléchir à leur faire faire des études supérieures, par exemple à l’université.

Ce projet est vraiment quelque chose de bien pour nous, notre village, nos parcelles de cultures, etc. Les améliorations qui ont été faites sont en train de donner des résultats. Nous avons de plus en plus de possibilités. »

La transition vers des modes de productions agroécologiques et les actions menées en parallèle pour valoriser et pérenniser ces systèmes alimentaires durables permettent aux familles d’améliorer leur sécurité alimentaire et de renforcer ainsi leur résilience face aux crises. L’alimentation est un besoin primaire, c’est-à-dire vital pour le bon développement physique, psychique et intellectuel de chacun et chacune. Combattre la faim est primordial pour casser la spirale de la pauvreté.

 

[1] http://www.fao.org/3/ca9692en/CA9692EN.pdf

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Dans son Rapport 2020 sur l’aide belge au développement, le CNCD-11.11.11 dénonce une nouvelle baisse de l’aide belge et appelle le futur gouvernement à respecter l’engagement de mobiliser 0,7% de son RNB en aide au développement.

L’aide publique au développement de la Belgique a une nouvelle fois diminué en 2019, pour ne représenter que 0,416% du revenu national brut (RNB), son pourcentage le plus bas depuis 2004. La Belgique reste ainsi sous la moyenne européenne et s’éloigne toujours plus de l’objectif international des 0,7% du RNB. Ceci alors que contrairement à la Belgique, 18 pays donateurs ont enregistré une augmentation de leur aide en 2019.

Au total, les pays en développement ont vu l’aide belge amputée de 5,7 milliards € entre 2015 et 2019. Alors que la crise du coronavirus provoque d’importants dégâts économiques et sociaux dans les pays en développement, il est indispensable que la Belgique adopte un plan de croissance pour mobiliser 0,7% de son RNB en aide au développement au plus tard en 2024.

Le Rapport 2020 sur l’aide belge au développement salue par ailleurs la concentration de l’aide belge dans les pays les plus pauvres et les Etats fragiles, mais recommande de renforcer cette concentration, sachant que 32% de l’aide belge ont été alloués en 2019 aux pays les moins avancés. Si l’aide n’est pas la panacée, elle reste néanmoins un outil essentiel particulièrement adapté aux contextes risqués des pays à faible revenu, puisqu’elle est prévisible et concessionnelle, et qu’elle peut être investie directement dans le renforcement des systèmes de protection sociale et de santé – dont on mesure l’importance avec la crise actuelle.

Selon Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD-11.11.11 : « La crise actuelle rappelle l’importance de renforcer la coopération internationale pour répondre aux enjeux mondiaux. Alors que des dizaines de millions de personnes tombent dans l’extrême pauvreté et la faim suite à la crise du coronavirus, il est plus nécessaire que jamais de respecter les engagements internationaux. Le nouveau gouvernement belge doit adopter un plan de croissance de l’aide belge au développement visant à atteindre à la fin de la législature l’objectif international de 0,7% du RNB. »

Vous pouvez lire le Rapport 2020 sur www.cncd.be.

A l’occasion du 5ème anniversaire des Objectifs de développement durable (ODD), nous partageons des initiatives d’OSC qui contribuent de manière efficace et innovante à la réalisation de ces objectifs. Cette semaine, l’ODD 1 : Eliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde.

Le 25 septembre 2015, les 17 Objectifs de développement durable ont été adoptés par l'Assemblée générale de l'ONU dans le cadre de l’Agenda 2030. Les ODD constituent un appel à l’action de tous les pays à lutter contre la pauvreté et remettre la planète sur la voie de la durabilité.

Ce combat pour un développement juste et durable, les Organisations de la société civile (OSC) belges actives dans la coopération au développement en sont le fer de lance. Education, santé, alimentation, droits du travail, protection sociale, lutte contre le changement climatique… Travaillant aux côtés de leurs partenaires sur tous les continents, les OSC mettent en œuvre une multitude de projets innovants, collaboratifs et à long terme qui bénéficient à des milliers de personnes au niveau local et plaident pour la réalisation de ces objectifs au niveau mondial. En voici deux exemples concrets en rapport avec l’ODD 1.

La protection sociale comme rempart contre la pauvreté au Népal

En 2017, le Népal a adopté une loi sur la protection sociale universelle, après des années de pression des syndicats. L’OSC belge WSM, liée au Mouvement ouvrier chrétien, accompagne depuis longtemps ce combat. Elle œuvre à renforcer des mouvements sociaux sur plusieurs continents et les rassemble sous forme de réseaux, afin que les générations actuelles et futures puissent bénéficier du droit universel à une vie digne et à une protection sociale. « Nous travaillons en Asie au sein du Asia Network on the Right to Social Protection », raconte Bruno Deceukelier, Coordinateur Asie pour l’organisation. « Notre spécificité est notre approche multi-acteurs : nous rassemblons syndicats, mutuelles et autres partenaires de la société civile au sein de réseaux locaux, nationaux et internationaux. Ces réseaux constituent un levier primordial pour peser plus fortement sur l’agenda politique ».

C’est notamment en raison de cette spécificité que WSM a été mandaté pour appuyer l’implémentation et la promotion de cette nouvelle loi, au sein d’un projet pilote avec l’UNICEF et l’Organisation internationale du travail (OIT). « La communauté internationale et ses institutions reconnaissent l'importance du rôle de la protection sociale pour réaliser un développement durable et inclusif. Il suffit de regarder l'Agenda 2030 dans lequel la protection sociale se retrouve dans pas moins de cinq objectifs de développement durable ». Au Népal, la loi prévoit de mettre en œuvre les 4 socles de la protection sociale : les allocations familiales, l’accès au soin de santé, la sécurité de revenus pour la population active, et les pensions. « Ces 4 socles correspondent au cycle de vie de tout individu : enfance, vie active, vieillesse. En ce sens, on voit que la protection sociale est un rempart contre la pauvreté durant toute une vie, pour toutes les générations ».

« La communauté internationale et ses institutions reconnaissent l'importance du rôle de la protection sociale pour réaliser un développement durable et inclusif »

Alors que l’UNICEF et l’OIT se concentrent principalement sur le travail avec le gouvernement et le secteur formel, WSM agit directement au niveau local, en partenariat avec les deux syndicats népalais, GEFONT et NTUC, et la société civile. « Le vote de la loi est bien sûr une étape décisive, mais ensuite, il reste encore beaucoup à faire sur le terrain », explique Bruno Deceukelier. « Il faut promouvoir le projet au niveau local, trouver des adhérent·e·s, toucher le secteur informel qui est très important au Népal. Chaque secteur a aussi ses problématiques et il faut souvent trouver une solution par secteur. »

Pour WSM, il est essentiel que la sécurité sociale s’applique aux couches les plus vulnérables de la population. « Tous nos projets ont une composante genre très importante. Nous insistons beaucoup sur le droit des femmes, des enfants, mais aussi des travailleurs·euses du secteur informel et des travailleurs·euses migrant·e·s ». Environ un tiers de l’économie népalaise dépend en effet de ses expatrié·e·s, dont beaucoup vont tenter leur chance en Malaisie ou dans les pays du Golfe. De nombreux ouvriers népalais ont par exemple participé à la construction de stades pour la prochaine coupe du monde de football au Qatar, dans des conditions très difficiles mises en évidence par de nombreux médias. « Dans les pays – comme le Qatar – où les syndicats sont interdits, nous essayons de créer une antenne du syndicat népalais. Notre projet vise ainsi à être inclusif, universel et durable, et en ce sens, il répond parfaitement aux objectifs de l’Agenda 2030 ».

Plus d’infos : https://www.wsm.be/notre-reseau/nos-organisations-partenaires/nepal-1.html

Sango, accompagner les familles pour donner un avenir aux enfants

L’attention aux plus vulnérables de la société est au cœur de l’Agenda 2030 et du projet Sango de SOS Villages d’enfants. Parce qu’ils comptent parmi les groupes les plus vulnérables, et parce qu’ils représentent l’avenir, les enfants sont une cible privilégiée des ODD qui visent à leur léguer une planète juste et durable. Sango (« changement » en espéranto) vise à améliorer les conditions de vie de milliers d’enfants en République Démocratique du Congo et au Burundi à travers un accompagnement familial et un soutien à la communauté.

« Dans un premier temps, nous faisons appel à la communauté pour identifier les enfants et les familles les plus en danger de pauvreté », explique Joan Audierne, Directrice des programmes de l’organisation. « Nous accompagnons ensuite ces familles de manière individuelle et adaptée à chaque situation ». C’est en effet quand leurs parents ont des difficultés ou manquent de moyens pour prendre soin de leurs enfants que le risque de pauvreté et d’exclusion est le plus grand.

L’objectif principal de Sango est que les familles deviennent autonomes au niveau économique, et soient capables de répondre à leurs besoins fondamentaux et ceux de leurs enfants, notamment en matière d’accès à la santé, à l’alimentation, à un logement décent et à l’éducation. « Pour lutter contre la pauvreté des enfants de manière durable, nous appliquons une approche holistique : renforcement économique, formation, soutien en matière de protection sociale, sensibilisation aux Droits de l’enfant, prévention de la séparation familiale… Et cela, au niveau des enfants, de la famille, de la communauté, et même au niveau global à travers nos actions de plaidoyer ». En Belgique, par exemple, SOS Villages d’Enfants travaille en collaboration avec d’autres acteurs au sein de la Plateforme pour les Droits de l’enfant dans la coopération au développement. « Nous utilisons les ODD comme cadre de référence et en proposons une relecture sous la perspective des Droits de l’enfant. Notre objectif est d’assurer l’intégration des droits de l’enfant dans les politiques belges de coopération au développement et dans leur mise en œuvre ».

L’objectif de Sango est que les familles deviennent autonomes au niveau économique, et soient capables de répondre à leurs besoins fondamentaux et ceux de leurs enfants

Le renforcement économique de la communauté est une composante importante du projet. Sango appuie le développement d’associations villageoises ou communautaires d’épargne et de crédit. « En général, ces associations regroupent entre 20 et 30 familles qui vont y placer leur épargne ». Cette caisse donne non seulement accès à des micro-crédits à taux très bas, mais elle crée aussi un système de solidarité entre les membres : « chaque caisse comprend un fonds de solidarité qui est utilisé pour répondre aux besoins des familles les plus vulnérables ». Pour Joan Audierne, « c’est un système simple et efficace qui peut être déployé dans différents projets et situations. D’ailleurs, on voit que ce modèle est adopté de manière autonome dans d’autres communautés ».

Plus d’infos : https://www.sos-villages-enfants.be/projets/sango-des-enfants-forts-pour-changer-le-monde

Quinzaine de la Solidarité internationale 2020

  1. Créé par Lawrence PIETERS
  2. Le 21/09/2020
  3. Dans Actualités
La Quinzaine de la Solidarité Internationale de la Ville de Bruxelles aura lieu cette année du 1er au 15 octobre.

La Quinzaine de la Solidarité Internationale est le fruit d’une étroite collaboration entre la Ville de Bruxelles et de nombreux acteurs du milieu associatif, social et culturel bruxellois, tous soucieux d'interpeller le citoyen quant aux diversités et aux déséquilibres de ce monde.

L’édition 2020 se focalise sur le partage. Le partage des richesses, du pouvoir, des ressources naturelles, des savoirs, des émotions... Le partage qui relie la majorité des enjeux sociétaux de notre époque et qui est le moteur de la solidarité internationale. 

Du 1er au 15 octobre 2020, près de 30 activités vous seront proposées pour prendre part à cette période de réflexion, de rencontres, de divertissements citoyens, répartis en différents lieux de la Ville de Bruxelles : débats, concerts, spectacles, expositions, projections, workshops, et bien plus … 

Compte tenu de l’imprévisibilité liée aux mesures COVID, nous vous invitons à consulter notre site en cas de modification de la date ou lieu des événements. 

Regardez notre programme sur solidarite.bruxelles.be

Plus de 6 Belges sur 10 disent faire des dons à de bonnes causes, selon le Baromètre et l'Index de la philanthropie publiés tous les 3 ans par la Fondation Roi Baudouin, en collaboration avec Itinera.

L’Index de la Philanthropie mesure l’ampleur de l’activité philanthropique, en se basant sur des données de 2018 issues d’institutions publiques et du secteur lui-même. Le Baromètre de la Philanthropie, quant à lui, évalue la sensibilité philanthropique au travers d’une enquête menée par Ipsos fin 2019 auprès de plus de 1.000 Belges.

L’enquête confirme à quel point les Belges trouvent important de faire un don à de bonnes causes. 63% des personnes sondées disent avoir fait un ou plusieurs dons dans l’année précédant l’enquête et disent donner plus qu’avant. 50% jugent la philanthropie importante pour la société et 30% la qualifient même d’essentielle. Même si l’image globale est assez stable, certaines évolutions sont tout de même à noter. Par exemple : 17% des personnes qui ont rédigé un testament y ont aussi inclus une bonne cause, contre 11% trois ans plus tôt. En comparaison avec les éditions précédentes, l’index se maintient au niveau élevé atteint depuis 2016.

Plus d'informations sur le site de la Fondation Roi Baudouin :

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