Baromètre

Les décideurs-ses politiques et la coopération

PULSE a publié sur son site les résultats du sondage réalisé auprès du monde politique sur son soutien à la coopération au développement

Magali LUCY le 22/08/2013

L'étude "Political support for developpement cooperation in Belgium" (2013) approfondit la manière dont les partis politiques développent leurs politiques "coopération au développement",  les interactions entre monde politique et société civile, les questions liées à l'aide dans le paysage politique belge actuel. 

Voici quelques conclusions :

  • L'aide au développement n'est pas la priorité des partis politiques, la position qu'ils prennent sur les questions d'aide ne modifiant pas le vote des électeurs.
  • La définition des visions, stratégies, position politique, programme électoral en matière d'aide au développement est essentiellement un travail interne au parti : les partis s'appuyent sur un (ou groupe de) politicien(s) du parti "expert(s)" en coopération au développement ou prêt(s) à s'investir dans ce champ et ayant une connexion avec le secteur du développement.  Pour s'informer, approfondir les dossiers, etc. ils ont recours à des centres de recherche affiliés, des ONG proches idéologiquement ou des universitaires de confiance. 
  • Le travail de plaidoyer des coupoles ou des ONG peut influencer les partis poliltiques.  Les ONG ne sont toutefois pas considérées par ceux-ci comme  "l'opposition" mais plutôt reconnues pour leur rôle d'information, de conseil, leur expertise (essentiellement en début d'un processus de consultation mais pas sur l'ensemble du processus d'élaboration/décision).
  • Les ONG tentent d'atteindre les partis de l'extérieur (campagnes publiques, dénonciations des politiques et pratiques) ou par l'interne (conseil, lobbying direct).  Les coupoles d'ONG travaillent souvent par le biais de memorandums.  Elles tentent d'être perçues comme neutres idéologiquement et de créer des alliances entre plusieurs partis politiques.  Les ONG lobbyistes doivent constamment adapter leur approche, celle-ci varie suivant les partis et si le parti est dans l'opposition ou la majorité.  Une ONG dite de gauche aura plus difficile à convaincre la droite et inversement. 
  • Sans grande surprise, la gauche note une préférence pour les programmes sociaux (éducation, santé, travail communautaire, renforcement de la société civile); la droite pour les programmes économiques (investissement).  La droite est davantage en faveur des conditionnalités.  La différence gauche-droite est perceptible aussi quant à l'exclusion ou non de certaines dépenses du budget de l'aide (politique d'asile et annulations de la dette), la droite tendant à les inclure.
  • L'ensemble des partis s'accordent pour privilégier différents canaux d'aide et sur la nécessité d'éviter la dispersion. 
  • Certains sujets ne sont pas pris en compte par les partis politiques et sortent donc du débat public : efficacité et efficience des institutions multilatérales (1/3 du budget de l'aide); continuité et prévisibilité des financements; le système actuel de l'aide.